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Chimère von Mouton, Eugène (eBook)

  • Erscheinungsdatum: 22.01.2016
  • Verlag: Ligaran
eBook (ePUB)
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Chimère

Extrait : 'La mort, oui, la mort ! est préférable à l'état où je me trouvais ! On m'enfonça mon chapeau sur la tête, on me fourra mon paletot, la porte s'ouvrit, quelqu'un me poussa par les épaules, je descendis l'escalier en trébuchant, et par une allée étroite et obscure je me dirigeai comme je pus, en tâtonnant le long d'une muraille humide, vers la porte de cette maison.'À PROPOS DES ÉDITIONS LIGARAN : Les éditions LIGARAN proposent des versions numériques de grands classiques de la littérature ainsi que des livres rares, dans les domaines suivants : - Fiction : roman, poésie, théâtre, jeunesse, policier, libertin. - Non fiction : histoire, essais, biographies, pratiques.

Produktinformationen

    Format: ePUB
    Kopierschutz: AdobeDRM
    Seitenzahl: 284
    Erscheinungsdatum: 22.01.2016
    Sprache: Französisch
    ISBN: 9782335150995
    Verlag: Ligaran
    Größe: 252kBytes
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Chimère

I
Homo duplex
La mort, oui, la mort ! est préférable à l'état où je me trouvais !

On m'enfonça mon chapeau sur la tête, on me fourra mon paletot, la porte s'ouvrit, quelqu'un me poussa par les épaules, je descendis l'escalier en trébuchant, et par une allée étroite et obscure je me dirigeai comme je pus, en tâtonnant le long d'une muraille humide, vers la porte de cette maison.

Il était cinq heures et demie du matin ; il faisait nuit, la pluie tombait, et à travers des nuages roulant tumultueusement dans le ciel, on voyait tour à tour pâlir et s'aviver la lumière trouble de la lune. Devant moi, les rues et les carrefours de la grande ville s'étendaient pareils à des fleuves ou à des lacs de fange, et sur cette surface noire et luisante les becs de gaz traçaient leurs sillons de feu.

Rien, rien n'est sinistre comme l'aspect de Paris par une nuit d'hiver, lorsqu'on le voit béant, silencieux, couvert de la boue infecte que verse chaque jour sur son pavé la corruption de deux millions d'hommes ; rien n'est plus sinistre, surtout quand on sort d'une nuit d'orgie.

Et j'en sortais.

Oui, de faiblesse en faiblesse et de chute en chute, j'en étais venu à ce degré d'abaissement, de demander à l'orgie ses hoquets pour soulever du moins ce coeur que rien ne pouvait plus faire battre ! Amitié, devoirs, intérêts, plaisirs, amour même, j'avais tout renié, tout brisé, tout foulé aux pieds, tout jeté au vent avec des cris de malédiction et de rage. En quelques années de cette vie-là, j'étais arrivé peu à peu à la crise finale qui est la conséquence de la débauche, et qui en est l'expiation. Un égoïsme furieux, implacable, s'était élevé comme un mur de glace entre mon coeur et tout ce que j'avais aimé sur la terre. L'amertume du remords, le déchirement des regrets, la honte aussi et le dégoût de moi-même m'avaient enfoncé lentement dans le coeur les griffes empoisonnées de la jalousie, et mes mauvaises actions, le châtiment qui les suivait pas à pas, les grondements de ma conscience irritée, m'étaient moins durs encore que ces reproches terribles, que ces humiliations accablantes, dont je me sentais couvert quand je voyais passer un honnête homme ou que j'entendais parler de la vertu.

Or, à mesure que je me voyais ainsi m'abîmer dans la boue, je m'apercevais avec épouvante que ce MOI insatiable dont j'avais fait mon dieu et à qui j'avais sacrifié tout ce que j'aimais et tout ce que je croyais, je ne l'aimais plus, je ne croyais plus en lui, et qu'il me faisait horreur !

Un seul sentiment noble m'était resté : l'honneur ; et quoique je sentisse venir l'instant où cela même aussi allait m'échapper, je m'accrochais comme un naufragé à cette épave de mon âme prête à couler bas !

Mais, toujours debout et toujours indompté, l'orgueil aussi restait insensible à tant de hontes bues, à tant d'humiliations subies : comme deux frères ennemis qui se dévorent des yeux au moment de se combattre, mon orgueil et mon honneur se mesuraient pour la lutte suprême qui devait décider de mon sort.

J'étais devant ma maison. Je sonnai, la porte s'ouvrit, je montai l'escalier, et je me retrouvai dans mon appartement. Je me laissai tomber sur une causeuse et je m'endormis du lourd sommeil de l'ivrogne.

Lorsque je me réveillai, le jour était venu, un jour blafard et sinistre. Je parcourus du regard tout ce qui m'entourait, et dans ces meubles en désordre, dans ce pêle-mêle de mille objets jetés ou entassés au hasard, je pouvais voir le tableau fidèle de ma vie. Rien n'y manquait : ni la table de travail, où les flacons et les jeux de cartes avaient remplacé les papiers et l'écritoire ; ni les viles défroques dont je m'affublais dans les nuits de carnaval ; ni la feuille de papier timbré où l'huissier avait griffonné son grimoire ; ni le lit tout bouleversé, tout souillé, à p

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