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La rue de Jérusalem von Féval, Paul (eBook)

  • Verlag: Books on Demand
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La rue de Jérusalem

Ce roman met en scène les tentatives criminelles des Habits Noirs (que couvre Lecoq, alors devenu chef de la Sûreté) contre la famille de Champmas, et contre la richissime mais avare paysanne Mathurine Goret. L'appât, dans les deux cas, est le "faux Louis XVII", rôle rempli parmi les Habits noirs par plusieurs personnages successifs. Celui-ci, qu'on appelle aussi M. Nicolas, séduit d'abord Ysole de Champmas, fille bâtarde du général de Champmas, et se sert de sa complicité inconsciente pour tenter de tuer sa soeur légitime, Suavita... Paul Henry Corentin Féval est né le 29 septembre 1816. Il est un écrivain français, dont l'oeuvre composée de romans populaires édités en feuilletons, eut un succès considérable de son vivant. Il décéda le 7 mars 1887 Au XIXe siècle, sa notoriété égalait celle d'Honoré de Balzac et d'Alexandre Dumas.

Produktinformationen

    Format: ePUB
    Kopierschutz: watermark
    Seitenzahl: 513
    Sprache: Französisch
    ISBN: 9782322164806
    Verlag: Books on Demand
    Größe: 569 kBytes
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La rue de Jérusalem

Deuxième partie

Les demoiselles de Champmas

I

Une rencontre

Par une chaude matinée de septembre, en l'année 1838, un chiffonnier et un gamin de Paris jouaient au bouchon commodément et bien à l'ombre, sous la voûte monumentale qui rattachait la rue de Jérusalem à la rue de Nazareth.

Il vient là quelquefois des curieux visiter les sculptures murales qu'on attribue à Jean Goujon, mais ni le gamin ni le chiffonnier ne paraissaient tourmentés par la passion des arts.

Ils se souciaient de Jean Goujon un peu moins que du roi de Prusse.

Le chiffonnier avait la barbe épaisse et ses cheveux incultes lui tombaient jusque sur les yeux.

Sa hotte, adossée à la paroi de la voûte, était plus haute et plus large que l'habitude ne le comporte.

Le gamin, qui, à le regarder de plus près, avait atteint l'âge d'homme depuis longtemps, gardait cette figure glabre et pâlotte qui fait de certains sauvages parisiens une race aussi nettement caractérisée que les Peaux-Rouges d'Amérique ou les Tziganes d'Europe.

On a remarqué que l'influence de climats étrangers est presque nulle sur ces peaux dures et neutres à la fois qui sont une provenance spéciale des bas quartiers de Paris. Le soleil africain les respecte, et ils pourraient garder les tons fades de leur cuir au milieu des Noirs de l'Équateur.

Le chiffonnier et le gamin jouaient bien tous les deux, et avec une animation égale : il y avait une haute pile de sous sur le bouchon et une demi-douzaine de vagabonds suivaient avidement la partie.

C'était un match. On pariait comme au champ de courses.

Nous l'avons dit et nous le répétons : en aucun lieu de Paris vous ne trouverez tant d'oiseaux du violon qu'aux alentours de la Préfecture de police. Ce serait à croire que ce monument où se fabrique la glu qui doit les prendre un jour ou l'autre a pour eux un irrésistible attrait.

Le gamin, comme presque tous les Parisiens, était un coupeur hardi et précis. Son décime en métal blanc, portant d'un côté la tête de Louis XVI, de l'autre un faisceau, surmonté du bonnet phrygien, était arrondi aux arêtes et semblait avoir subi le poli de l'émeri. C'était une merveilleuse pièce de coupage, glissant dans la poussière, droit et roide, comme un galet sur l'eau.

Un amateur en aurait donné cinq sous, haut la main.

Le chiffonnier, au contraire, avait le jeu prudent des galochiers de l'Ouest. Il piquait et abattait en piquant, de sorte que son gros sou de la République, épaissi à la tranche par le marteau et limé en scie par-dessus le marché, restait toujours en place, fidèle gardien des sous qui pouvaient tomber du bouchon.

Le gamin, dont l'adresse évidemment supérieure était vaincue par la prudence calme de son adversaire, se vengeait par des quolibets.

- Dis donc, Landerneau de ton pays, demanda-t-il au moment où le chiffonnier enlevait proprement une belle pile de douze sous, pourquoi donc que tu as une si grande hotte ?

- Je fais les enterrements, répliqua l'autre, dont l'oeil sournois n'annonçait rien de bon. Quand tu l'auras avalée, ta langue, je t'emporterai à l'amphithéâtre, en première classe, et ça ne te coûtera pas cher pour être disséqué.

La galerie fut pour Landerneau. Le gamin enrageait.

- Chargeons, dit-il, douze sous chaque, veux-tu ?

- Va ; si tu manques, ils sont dans le sac.

La pièce blanchâtre du gamin prit le bouchon au milieu et le lança à dix pas. Les vingt-quatre sous tombèrent si parfaitement d'aplomb que la pile resta debout.

La galerie applaudit. Le gamin triomphant s'écria :

- Dis donc, Landerneau, pourquoi donc qu'on t'appelle comme ça : Trente-troisième de ton sobriquet de petit nom ?

- Ça, c'est des mystères, répondit le chiffonnier gra

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