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Catherine Blum von Dumas, Alexandre, d. Ält. (eBook)

  • Erscheinungsdatum: 29.06.2015
  • Verlag: Booklassic
eBook (ePUB)
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Catherine Blum

Foret de Villers-Cotterets, mai 1829. Les époux Watrin, dont le mari est garde-chasse du duc d'Orléans, ont élevé trois enfants : Bernard, leur fils, maintenant garde-chasse lui aussi, Catherine, leur niece, dont le pere était un prisonnier allemand blessé recueilli par la famille, et Mathieu, un enfant abandonné qu'ils ont recueilli. Catherine et Bernard ont peu a peu appris a s'aimer, d'abord comme frere et soeur, puis comme des amants. Apres dix-huit mois passés a Paris en apprentissage, Catherine revient chez les Watrin pour s'établir comme modiste a la ville toute proche. La longue séparation a conforté les deux jeunes gens dans leur amour. Mathieu, qui a un fond méchant et une rancune tenace envers Bernard, va inventer un piege diabolique pour faire échouer leur projet de mariage en manipulant l'honnete famille et en provoquant habilement la jalousie du jeune amant.
Catherine Blum tient a la fois du théâtre, de l'étude de moeurs, du conte et du roman policier. Dumas s'y essaye avec bonheur au roman contemporain, sans dimension historique, et s'implique intimement en décrivant avec émotion, dans un long premier chapitre, les lieux de son enfance.

Produktinformationen

    Format: ePUB
    Kopierschutz: none
    Seitenzahl: 106
    Erscheinungsdatum: 29.06.2015
    Sprache: Französisch
    ISBN: 9789635255580
    Verlag: Booklassic
    Größe: 482kBytes
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Catherine Blum

Chapitre 1 AVANT LE RÉCIT

Tu me disais hier, mon enfant :

- Cher père, tu ne fais pas assez de livres comme Conscience.

Ce à quoi je t'ai répondu :

- Ordonne : tu sais bien que je fais tout ce que tu veux. Explique-moi le livre que tu désires, et tu l'auras.

Alors, tu as ajouté :

- Eh bien ! je voudrais une de ces histoires de ta jeunesse, un de ces petits drames inconnus du monde, qui se passent à l'ombre des grands arbres de cette belle forêt dont les profondeurs mystérieuses t'ont fait rêveur, dont le mélancolique murmure t'a fait poète ; un de ces événements que tu nous racontes parfois en famille, pour te reposer des longues épopées romanesques que tu composes ; événements qui, selon toi, ne valent pas la peine d'être écrits. Moi, j'aime ton pays, que je ne connais pas, que j'ai vu de loin à travers tes souvenirs, comme on voit un paysage à travers un rêve !

- Oh ! et moi aussi, je l'aime, mon bon pays, mon cher village ! car ce n'est guère autre chose qu'un village, quoiqu'il s'appelle bourg et s'intitule ville ; je l'aime à en fatiguer, non pas vous autres, mes amis, mais les indifférents. Je suis, à l'endroit de Villers-Cotterêts, comme mon vieux Rusconi est à l'endroit de Colmar. Pour lui, Colmar est le centre de la terre, l'axe du globe ; l'univers tourne autour de Colmar ! c'est à Colmar qu'il a connu tout le monde : Carrel ! " Où avez-vous donc connu Carrel, Rusconi ? - J'ai conspiré avec lui à Colmar, en 1821. " Talma ! " Où avez-vous donc connu Talma, Rusconi ? - Je l'ai vu jouer à Colmar, en 1818. " Napoléon ! " Où avez-vous donc connu Napoléon, Rusconi ? - Je l'ai vu passer à Colmar, en 1808. " Eh bien ! tout date pour moi de Villers-Cotterêts, comme tout date de Colmar pour Rusconi.

Seulement, Rusconi a sur moi cet avantage ou ce désavantage de n'être pas né à Colmar : il est né à Mantoue, la ville ducale, la patrie de Virgile et de Sordello, tandis que moi je suis né à Villers-Cotterêts.

Aussi, tu le vois, mon enfant, ne faut-il pas me presser beaucoup pour me faire parler de ma bien-aimée petite ville, dont les maisons blanches, groupées dans le fond du fer à cheval que forme son immense forêt, ont l'air d'un nid d'oiseaux que l'église, avec son clocher au long col, domine et surveille comme une mère. Tu n'as qu'à ôter de mes lèvres le sceau qui y clôt mes pensées et y enferme mes paroles, pour que pensées et paroles s'en échappent vives et pétillantes comme la mousse du cruchon de bière, qui nous fait jeter un cri et nous écarte les uns des autres à notre table d'exil, ou comme celle du vin de Champagne, qui nous arrache un sourire et nous rapproche en nous rappelant le soleil de notre pays.

En effet, n'est-ce pas là que j'ai véritablement vécu, puisque c'est là que j'ai attendu la vie ? On vit par l'espérance bien plus que par la réalité. Qui fait les horizons d'or et d'azur ? Hélas ! mon pauvre enfant, tu sauras cela un jour : c'est l'espérance !

Là, je suis né ; là, j'ai jeté mon premier cri de douleur ; là, sous l'oeil de ma mère, s'est épanoui mon premier sourire ; là, j'ai couru, tête blonde aux joues roses, après ces illusions juvéniles qui nous échappent ou qui, si on les atteint, ne nous laissent aux doigts qu'un peu de poussière veloutée, et qu'on appelle des papillons. Hélas ! c'est encore vrai et étrange ce que je vais te dire : on ne voit de beaux papillons que lorsqu'on est jeune ; plus tard viennent les guêpes, qui piquent ; puis les chauves-souris, qui présagent la mort.

Les trois périodes de la vie peuvent se résumer ainsi : jeunesse, âge mûr, vieillesse ; papillons, guêpes, chauves-so

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