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Entre deux caresses (version intégrale) von Dunan, Renée (eBook)

  • Erscheinungsdatum: 20.02.2017
  • Verlag: Books on Demand
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Entre deux caresses

Dans le monde feutré de la finance, le pouvoir et la corruption permettent de s'offrir bien des plaisirs, au risque parfois d'y trouver jusqu'à la mort. Il y a aussi certaines choses, comme l'amour, qui ne s'achètent pas... Extrait: Dans son cabinet de travail, sobre, sombre et glacial, le banquier Georges Mexme dictait à sa dactylographe une brochure sur les Mines d'Or de Pornichet. L'après-midi parisien fondait en un brouillard triste. De la rue Pillet-Will venait un jour blême. Il dessinait et accusait fortement le masque du financier. C'était un homme de taille moyenne, râblé et puissant. L'oeil gris, fixé sur le rouleau de la machine à écrire, avait une dureté froide et orgueilleuse. Le visage, taillé à méplats anguleux, possédait à la fois de la beauté et un antipathique sceau d'énergie. Le front un peu surbaissé, les lèvres rouges, bien marquées sur la face glabre et mate, faisaient penser, en moins sphéricisé, à l'Antinoüs du Vatican. La voix avait en même temps une sécheresse âpre et quelque douceur aimante. Le banquier les mains allongées sur son bureau, regardait cependant les doigts de la secrétaire couvrir sur le clavier. Ses phrases se suivaient, courtes et denses. La jeune femme, une Danoise polyglotte, devait transférer le texte de la brochure en quatre langues. Elle écrivait sans un geste de la nuque, et l'on voyait juste sa moue légère d'attention, le menton en galoche et le bombement du front. Renée Dunan, 1892-1936, écrivaine et poétesse française.

Produktinformationen

    Format: ePUB
    Kopierschutz: none
    Seitenzahl: 257
    Erscheinungsdatum: 20.02.2017
    Sprache: Französisch
    ISBN: 9783842375819
    Verlag: Books on Demand
    Größe: 424kBytes
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Entre deux caresses

P REMIÈRE P ARTIE

Sentiment

I

Trois hommes

Dans son cabinet de travail, sobre, sombre et glacial, le banquier Georges Mexme dictait à sa dactylographe une brochure sur les Mines d'Or de Pornichet. L'après-midi parisien fondait en un brouillard triste. De la rue Pillet-Will venait un jour blême. Il dessinait et accusait fortement le masque du financier. C'était un homme de taille moyenne, râblé et puissant. L'oeil gris, fixé sur le rouleau de la machine à écrire, avait une dureté froide et orgueilleuse. Le visage, taillé à méplats anguleux, possédait à la fois de la beauté et un antipathique sceau d'énergie. Le front un peu surbaissé, les lèvres rouges, bien marquées sur la face glabre et mate, faisaient penser, en moins sphéricisé, à l'Antinoüs du Vatican. La voix avait en même temps une sécheresse âpre et quelque douceur aimante.

Le banquier les mains allongées sur son bureau, regardait cependant les doigts de la secrétaire couvrir sur le clavier.

Ses phrases se suivaient, courtes et denses. La jeune femme, une Danoise polyglotte, devait transférer le texte de la brochure en quatre langues. Elle écrivait sans un geste de la nuque, et l'on voyait juste sa moue légère d'attention, le menton en galoche et le bombement du front.

Le téléphone tinta. Mexme fit signe d'arrêter et saisit l'écouteur. On lui apprit que Messieurs Séphardi et Robert de Boutrol venaient d'arriver.

Georges Mexme attendait ces deux hommes, l'un, redoutable financier, son ami ; l'autre, frère d'un des plus puissants politiciens du jour et administrateur de plusieurs journaux. Il donna ordre d'introduire les visiteurs dans son salon personnel, pièce discrète, luxueuse, et nantie de deux issues, où se débattaient les plus graves intérêts de la maison ; puis il sortit comme pour descendre.

Mais, à droite du bureau, dans le couloir, était un escalier étroit fermé par une porte invisible. Il ouvrit, monta d'un étage et s'inséra dans une cabine téléphonique à microphones. Coiffant le casque, il écouta alors, dans le silence absolu d'un lieu si bien placé que tous les bruits du dehors y restaient inconnus.

Mexme se trouvait ainsi en relation avec le salon ou Séphardi et Robert de Boutrol venaient d'être introduits. Il voulait savoir ce que disaient ses deux visiteurs avant qu'il les vint trouver. Telle était son habitude.

On parlait là-bas de la fameuse affaire des Pétroles Narbonnais, qui justifiait précisément la réunion des trois hommes d'affaires. C'était une entreprise géante, enfantée par Mexme et Séphardi. Sur des confidences d'ingénieurs, ils avaient fait secrètement effectuer des sondages près de la côte méditerranéenne. On avait enfin trouvé une nappe de pétrole, jusque-là inconnue, et qui partait des Pyrénées pour se perdre, soit en remontant vers le Nord, aux environs des houillères du Gard, soit vers l'Esterel, en pleines Alpes-Maritimes.

Les deux financiers, associés dès la découverte confirmée, ne s'en étaient pas moins considérés comme adversaires. Ils avaient acheté séparément, par personnes interposées, d'immenses terrains autour du centre où les nappes d'huiles venaient le plus près du sol. Maintenant ils possédaient près de quinze mille hectares de terres, non pas d'un seul tenant, car de nombreux lots n'avaient pu être acquis ; mais dans de telles conditions qu'il faudrait bien voir un jour les propriétaires récalcitrants passer sous leurs fourches, lorsque près de deux départements français seraient transformés en une immense usine, hors laquelle rien ne vivrait.

Les Pétroles Narbonnais devaient se constituer maintenant en société anonyme. Mexme avait englouti en achats de terrains toute sa fortune et presque tous les capitaux étrangers dont il disposait grâce à sa banque, soit vingt-cinq millions.

Son destin tenait donc désormais aux fameux Pétroles. L'affaire devait d'ailleu

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