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Georges von Dumas, Alexandre (eBook)

  • Verlag: Seltzer Books
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Georges

Classic novel in the original French. According to Wikipedia: 'Alexandre Dumas, pere (French for 'father', akin to 'Senior' in English), born Dumas Davy de la Pailleterie (July 24, 1802-December 5, 1870) was a French writer, best known for his numerous historical novels of high adventure which have made him one of the most widely read French authors in the world. Many of his novels, including The Count of Monte Cristo, The Three Musketeers, and The Vicomte de Bragelonne were serialized, and he also wrote plays and magazine articles and was a prolific correspondent.'

Produktinformationen

    Format: ePUB
    Kopierschutz: AdobeDRM
    Seitenzahl: 749
    Sprache: Französisch
    ISBN: 9781455355105
    Verlag: Seltzer Books
    Größe: 749 kBytes
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Georges

Chapitre VIII--La toilette du nègre marron

Il était à peu près dix heures du soir; la nuit, sans lune, était belle et étoilée comme le sont d'ordinaire les nuits des tropiques vers la fin de l'été: on apercevait au ciel quelques unes de ces constellations qui nous sont familières depuis notre enfance, sous le nom de la Petite Ourse, du Baudrier, d'Orion et des Pléiades mais dans une position si différente de celle dans laquelle nous sommes habitués à les voir, qu'un Européen aurait eu peine à les reconnaître; en échange, au milieu d'elles brillait la Croix du Sud, invisible dans notre hémisphère boréal. Le silence de la nuit n'était troublé que par le bruit que faisaient, en rongeant l'écorce des arbres, les nombreux tanrecs dont les quartiers de la rivière Noire sont peuplés, par le chant des figuiers bleus et des fondi-jala, ces fauvettes et ces rossignols de Madagascar, et par le cri presque insensible de l'herbe déjà séchée qui pliait sous les pieds des deux frères.

Les deux nègres marchaient en silence, regardant de temps en temps autour d'eux d'un air inquiet, s'arrêtant pour écouter, puis reprenant leur chemin; enfin, parvenus dans un endroit plus touffu, ils entrèrent dans une espèce de petit bois de bambous, et, parvenus à son centre, s'arrêtèrent écoutant encore et regardant de nouveau autour d'eux. Sans doute le résultat de cette dernière investigation fut encore plus rassurant que les autres car ils échangèrent un regard de sécurité, et s'assirent tous deux au pied d'un bananier sauvage, qui étendait ses larges feuilles, comme un éventail magnifique, au milieu des feuilles grêles des roseaux qui l'environnaient.

--Eh bien, frère? demanda le premier, Nazim, avec ce sentiment d'impatience que Laïza avait déjà modéré, quand il avait voulu le questionner au milieu des autres nègres.

--Tu conserves donc toujours la même résolution, Nazim? dit Laïza.

--Plus que jamais, frère. Je mourrais ici, vois-tu. J'ai pris sur moi de travailler jusqu'à présent, moi, Nazim, moi, fils de chef, moi, ton frère; mais je me lasse de cette vie misérable: il faut que je retourne à Anjouan ou que je meure.

Laïza poussa un soupir.

--Il y a loin d'ici à Anjouan, dit-il.

--Qu'importe? répondit Nazim.

--Nous sommes dans le temps des grains.

--Le vent nous poussera vite.

--Mais si la barque chavire?

--Nous nagerons tant que nous aurons de forces; puis, lorsque nous ne pourrons plus nager, nous regarderons une dernière fois le ciel où nous attend le Grand-Esprit, et nous nous engloutirons dans les bras l'un de l'autre.

--Hélas! dit Laïza.

--Cela vaut mieux que d'être esclave, dit Nazim.

--Ainsi tu veux quitter l'île de France?

--Je le veux.

--Au risque de la vie?

--Au risque de la vie.

--Il y a dix chances contre une que tu n'arrives point à Anjouan.

--Il y en a une sur dix pour que j'y arrive.

--C'est bien, dit Laïza; qu'il soit fait comme tu le veux, frère. Cependant, réfléchis encore.

--Il y a deux ans que je réfléchis. Quand le chef des Mongallos m'a pris à mon tour dans un combat, comme toi-même avais été pris quatre ans auparavant, et qu'il m'a vendu à un capitaine négrier, comme toi-même avais été vendu, j'ai pris mon parti à l'instant même. J'étais enchaîné, j'ai essayé de m'étrangler avec mes chaînes, on m'a rivé à la cale. Alors j'ai voulu me briser la tête le long de la muraille du vaisseau, on a étendu de la paille sous ma tête; alors j'ai voulu me laisser mourir de faim, on m'a ouvert la bouche, et, ne pouvant me faire manger, on m'a forcé de boire. Il fa

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