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Le Cavalier Fortune von Feval, Paul (eBook)

  • Erscheinungsdatum: 29.06.2015
  • Verlag: Booklassic
eBook (ePUB)
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Le Cavalier Fortune

Aidé par sa bonne étoile, le cavalier Fortune recherche son bonheur et celui de ses proches depuis l'Espagne jusqu'a Paris. Une histoire romanesque a souhait, avec des personnages hauts en couleur comme seul Féval sait les faire vivre.

Produktinformationen

    Format: ePUB
    Kopierschutz: none
    Seitenzahl: 230
    Erscheinungsdatum: 29.06.2015
    Sprache: Französisch
    ISBN: 9789635256365
    Verlag: Booklassic
    Größe: 700kBytes
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Le Cavalier Fortune

Chapitre 2 Où Fortune cherche son souper.

C'était une gaie matinée de printemps.

Il faisait froid, comme il arrive souvent dans la campagne de Madrid, et Fortune regrettait que La Roche-Laury, sa providence, n'eût point songé à joindre un manteau à son pourpoint et à son haut-de-chausses.

Le jour était encore incertain.

Fortune, chevauchant du côté de la route où étaient les bornes militaires, voyait du côté droit un autre cavalier qui allait bon pas sur une grande mule.

Ce cavalier avait un manteau et fredonnait entre ses dents des airs que Fortune aurait pris pour des refrains de France si l'on n'eût point été en Castille.

Quoique Fortune, selon sa propre appréciation, et comme il l'avait franchement avoué au cardinal, fût un garçon sans défauts, il céda aux conseils de la faiblesse humaine et pressa le pas de son cheval pour voir un peu la figure de ce voyageur qui pouvait devenir un compagnon de route.

Mais l'autre, entendant le bruit du trot dans la poussière, souffleta les oreilles de sa mule, qui aussitôt allongea.

En même temps, il ramena sur son visage les plis du manteau que Fortune lui enviait.

Fortune prit le petit galop, la mule aussi, de sorte que la distance restait toujours à peu près la même entre nos deux voyageurs.

-Tête-bleu ! pensa Fortune, qui n'était pas endurant de sa nature, ce croquant pense-t-il m'en donner à garder ?

Et il piqua des deux.

Mais la mule prit aussitôt le grand galop.

Fortune, mordu au jeu, donna de l'éperon comme un diable, et ce fut bientôt entre les deux voyageurs une véritable course au clocher.

Pendant cela, le jour grandissait. Fortune se disait, commençant à distinguer la tournure de l'homme à la mule :

- Voici un gaillard mal bâti, ou que je meure ! Il a des cheveux qui coifferaient bien un jocrisse sur le Pont-neuf. Quand je vais l'atteindre, je lui demanderai un peu pourquoi il m'a fait courir ainsi.

Son cheval, vivement poussé, gagnait du terrain ; l'autre voyageur, qui craignait d'être vaincu dans cette lutte de vitesse, tourna la tête pour la première fois, afin de voir qui le poursuivait ainsi. Ce fut un coup de théâtre.

Fortune serra le mors de son cheval, qui s'arrêta court.

Il venait d'apercevoir sur l'oeil droit de l'homme à la mule une large bande de taffetas vert.

- Sang de moi ! s'écria-t-il, j'aurais dû deviner cela depuis longtemps ! épaules dépareillées et perruque rousse ne me suffisaient-elles pas sans l'emplâtre ? Je n'ai rien à faire de ce coquin, puisque j'ai défense de causer avec lui et de me battre contre lui !

Ce coquin, comme l'appelait Fortune, était animé sans doute de sentiments pareils, car après avoir regardé notre cavalier, non seulement il continua de fuir à fond de train, mais encore il se jeta hors de la route et disparut derrière un bouquet de chênes-lièges qui rejoignait le Hénarès.

Fortune reprit sa marche au pas.

Le soleil commençait à rougir les vapeurs de l'horizon.

Fortune en était encore à se demander quel diable de fringale avait pris l'homme à la mule, lorsqu'il aperçut la cinquième borne militaire entre Alcala et Guadalaxara.

Fortune descendit de cheval, attacha sa monture à l'anneau de fer scellé dans la borne et s'assit sur le parapet du pont.

À l'autre bout du parapet, un moine en robe brune, rattachée aux reins par une corde écrue, regardait couler l'eau.

L'arrivée de Fortune ne sembla point troubler sa méditation.

Un long quart d'heure se passa, et Fortune commençait à perdre patience, lorsqu'au sommet de la côte en pente douce qu'il venait de descendre pour arriver jusqu'au pont, un cortège se montra.

C'étaient deux mules honnêtement caparaçonnées, entre lesquelles une litière de voyage se balançait.

Quatre vigour

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