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Les Amours de Village von Richebourg, Émile (eBook)

  • Erscheinungsdatum: 18.06.2015
  • Verlag: Booklassic
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Les Amours de Village

Un recueil de nouvelles qui puisent leur inspiration, comme le titre l'indique, dans les amours villageoises.

Produktinformationen

    Format: ePUB
    Kopierschutz: none
    Seitenzahl: 108
    Erscheinungsdatum: 18.06.2015
    Sprache: Französisch
    ISBN: 9789635244232
    Verlag: Booklassic
    Größe: 493kBytes
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Les Amours de Village

Chapitre 6


Après une résistance admirable, dans le Nord, avec Faidherbe, dans l'Est, avec Bourbaki, et dans l'Ouest, avec Chanzy, Paris, qui depuis quatre mois et demi tenait en échec deux cent cinquante mille Prussiens, Paris affamé, sans pain, agonisant, fut forcé de capituler.

Dès le mois de mars, aussitôt après la paix signée, l'Allemagne commença à rendre ses prisonniers. Nous n'avions pas moins de quatre cent mille hommes en captivité.

Jacques Pérard revint à Essex. Il souffrait encore des suites de sa blessure, mais la plaie était cicatrisée et guérie. Il avait été séparé d'Étienne Radoux dès le premier jour de leur captivité. En Allemagne, il avait cherché à savoir où il se trouvait ; mais il ne put obtenir aucun renseignement précis. Il rassura Céline en lui disant qu'Étienne avait été fait prisonnier en se dévouant pour lui, qu'il n'avait reçu aucune blessure et qu'elle pouvait espérer son retour prochain.

La jeune femme s'arma de courage et de patience.

Cependant les mois s'écoulaient, et on attendait en vain des nouvelles d'Étienne. Les prisonniers étaient tous revenus, à l'exception d'un petit nombre de malades. Étienne était-il donc parmi ces derniers ? Mais il devait avoir besoin d'argent, de vêtements, et, chose plus précieuse encore pour un captif, de nouvelles de ses enfants, de sa femme et de ses parents. Pourquoi n'écrivait-il pas ?

Céline ne cherchait plus à cacher son inquiétude, ses angoisses, de noirs pressentiments l'agitaient, ses nuits étaient sans sommeil, les belles couleurs de ses joues s'effaçaient, ses yeux s'entouraient d'un cercle bleuâtre, car elle pleurait souvent, tous les jours, en pensant à l'absent et en embrassant les jumeaux. Tout le monde prenait part à sa peine, les marques de sympathie ne lui manquaient point. On tâchait de la consoler en lui parlant d'espérance.

- Pour me consoler, il me faut le retour de mon mari, répondait-elle, ou une lettre de lui.

Et comme Étienne ne revenait pas et qu'aucune lettre n'arrivait, la pauvre Céline restait désolée.

Étienne Radoux était-il mort ? La jeune femme avait eu plus d'une fois cette sinistre pensée ; elle la repoussa d'abord avec énergie, elle ne pouvait croire à un si grand malheur ; mais elle revint avec plus d'opiniâtreté et il ne lui fut plus possible de l'éloigner. Certes, le silence d'Étienne et onze mois écoulés depuis la signature de la paix ne justifiaient que trop ses appréhensions.

On avait adressé deux lettres au ministre de la guerre. En réponse à la première, il promettait de faire faire immédiatement d'actives recherches au sujet du sergent Étienne Radoux et de réclamer le prisonnier à l'autorité prussienne. Il n'avait pas encore répondu à la seconde demande. Quand on en parlait à la jeune femme, elle remuait tristement la tête en disant :

- Je sais à quoi m'en tenir, le ministre ne me répondra plus.

Elle se trompait. Un matin, le facteur apporta une grande lettre. Elle venait du bureau du ministère de la guerre et était cachetée de cire noire. L'enveloppe contenait l'extrait de l'acte de décès du sergent Radoux, lequel avait été dressé au ministère, d'après des renseignements recueillis en Prusse.

Céline poussa un cri terrible et tomba roide sur le carreau. Quand elle revint à la vie, elle prit ses enfants dans ses bras et les pressa sur son coeur en les couvrant de baisers. Ses yeux restèrent secs ; elle avait versé tant de larmes depuis un an, qu'elle ne pouvait plus pleurer. Mais les gémissements et les larmes ne sont pas toujours l'expression de la plus vive douleur.

- Je le porterai longtemps, dit-elle la première fois qu'elle mit son vêtement de veuve.

Madame Pérard prit le deuil comme la mère Radoux. Étienne n'était-il pas aussi son enfant ? Le dimanche suivant, elle vit

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