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Les Blancs et les Bleus - Tome I von Dumas, Alexandre, d. Ält. (eBook)

  • Erscheinungsdatum: 22.06.2015
  • Verlag: Booklassic
eBook (ePUB)
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Les Blancs et les Bleus - Tome I

En 1794 la terreur est à son paroxysme en France, l'ennemi menace aux frontières de toutes parts. A Strasbourg, c'est le général Pichegru que nous suivons dans ses victoires sur les Prussiens. À Toulon, c'est un jeune colonel du nom de Bonaparte qui reprend la ville aux Anglais. En 1795, la constitution de l'an III met fin à la terreur, mais l'insurrection royalistemenace. Dans les provinces, notamment dans les régions de Bourg en Bresse et d'Avignon, une bande de bandits, les "Compagnons de Jéhu", menée par le comte de Saint-Hermine volent l'argent de la république pour le faire passer aux chouans de Bretagne commandés par Cadoudal.
Dans ce roman, Dumas se veut avant tout historien et ne cède pas à son imagination parfois débridée : foin des inventions historiques, ici, c'est du sérieux... mais écrit avec la plume de Dumas, toujours aussi passionnante. Bien qu'écrit après "Les Compagnons de Jehu", ce roman se situe juste avant dans la chronologie de l'histoire. Et il s'agit en fait d'une trilogie qui se conclut avec "Le chevalier de Sainte-Hermine", publié pour la première fois en 2005, et que vous ne pourrez donc lire qu'en édition papier...

Produktinformationen

    Format: ePUB
    Kopierschutz: none
    Seitenzahl: 215
    Erscheinungsdatum: 22.06.2015
    Sprache: Französisch
    ISBN: 9789635247677
    Verlag: Booklassic
    Größe: 691kBytes
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Les Blancs et les Bleus - Tome I

Chapitre 1 De l'Hôtel de la Poste à l'Hôtel de la Lanterne

Le 21 frimaire an II (11 décembre 1793), la diligence de Besançon à Strasbourg s'arrêtait à neuf heures du soir dans l'intérieur de la cour de l'Hôtel de la Poste, situé derrière la cathédrale.

Cinq voyageurs en descendaient ; un seul, le plus jeune des cinq, doit fixer notre attention.

C'était un enfant de treize à quatorze ans, mince et pâle, que l'on eût pu prendre pour une jeune fille habillée en garçon, tant était grande l'expression de douceur et de mélancolie répandue sur son visage ; ses cheveux qu'il portait coupés à la Titus, coiffure que les zélés républicains avaient adoptée, en imitation de Talma, étaient châtain foncé ; des sourcils de la même couleur ombrageaient des yeux d'un bleu clair, s'arrêtant comme deux points d'interrogation, avec une intelligence remarquable, sur les hommes et sur les choses. Il avait les lèvres minces, de belles dents, un charmant sourire, et était vêtu à la mode de l'époque, sinon élégamment, du moins si proprement, qu'il était facile de voir que la main soigneuse d'une femme avait passé par là.

Le conducteur, qui paraissait avoir pour cet enfant des soins tout particuliers, lui remit un paquet, pareil à un sac de soldat, et, grâce à une paire de bretelles, se pouvant porter sur le dos.

Puis, regardant tout autour de lui :

- Holà ! cria-t-il, n'y a-t-il pas quelqu'un ici de l'Hôtel de la Lanterne, attendant un jeune voyageur de Besançon ?

- Il y a moi, répondit une voix rude et grossière.

Et une espèce de garçon d'écurie, perdu dans les ténèbres malgré le falot qu'il portait à la main et qui n'éclairait que le pavé, s'approcha de l'énorme machine en tournant du côté où la portière était ouverte.

- Ah ! c'est toi l'Endormi, fit le conducteur.

- Je ne m'appelle pas l'Endormi, je m'appelle Coclès, répondit le valet d'écurie d'un ton rogue, et je viens chercher le citoyen Charles...

- De la part de la citoyenne Teutch, n'est-ce pas ? demanda la douce voix de l'enfant, formant un charmant contraste avec la voix rude du garçon d'écurie.

- De la citoyenne Teutch, c'est cela. Eh bien ! es-tu prêt, citoyen ?

- Conducteur, reprit l'enfant, vous direz chez nous...

- Que vous êtes arrivé en bonne santé, et que l'on vous attendait, soyez tranquille, monsieur Charles.

- Oh ! oh ! fit le garçon d'écurie d'un ton presque menaçant en s'approchant du conducteur et du jeune homme ; oh ! oh !

- Eh bien ! que veux-tu avec tes " oh ! oh ! "

- Je veux te dire que la langue que tu parles là est peut-être celle de la Franche-Comté, mais n'est pas celle de l'Alsace.

- Vraiment ! répliqua le conducteur d'un ton goguenard, voilà ce que tu veux me dire ?

- Et te donner le conseil, ajouta le citoyen Coclès, de laisser dans ta diligence les vous et les monsieur, attendu qu'ils ne sont pas de mise à Strasbourg, surtout depuis que nous avons le bonheur de posséder dans nos murs les citoyens représentants Saint-Just et Lebas.

- Laisse-moi tranquille avec tes citoyens représentants, et conduis ce jeune homme à l'auberge de la Lanterne.

Et, sans s'inquiéter des conseils du citoyen Coclès, le conducteur entra dans l'Hôtel de la Poste.

L'homme au falot suivit des yeux le conducteur, tout en murmurant ; puis se tournant vers le jeune homme :

- Allons, viens, citoyen Charles, lui dit-il.

Et, marchant le premier, il lui indiqua le chemin.

Strasbourg, dans aucun temps, n'est une ville gaie, surtout quand la retraite est battue depuis deux heures ; mais elle était moins gaie que jamais à l'époque où s'ouvre ce ré

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