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Les gens de Seldwyla von Keller, Gottfried (eBook)

  • Erscheinungsdatum: 29.06.2015
  • Verlag: Booklassic
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Les gens de Seldwyla

Recueil de nouvelles. 'Dans une cité si joyeuse et si singuliere, il ne peut manquer de se passer toutes sortes d'histoires singulieres aussi, car l'oisiveté, dit-on, est la mere de tous les vices. Cependant mon intention n'est pas de raconter dans ce livre des histoires telles qu'en peut promettre le caractere de Seldwyla comme il vient d'etre dépeint, mais de narrer quelques aventures moins ordinaires, qui furent en quelque sorte une exception a la regle, et qui cependant ne pouvaient arriver que chez les gens de Seldwyla.'

Produktinformationen

    Format: ePUB
    Kopierschutz: none
    Seitenzahl: 189
    Erscheinungsdatum: 29.06.2015
    Sprache: Französisch
    ISBN: 9789635268184
    Verlag: Booklassic
    Größe: 564 kBytes
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Les gens de Seldwyla

1.2.

- Aujourd'hui, dit-il, je ne puis plus vous faire en détail ma triste histoire, et l'occasion se trouvera bien plus tard de vous dire peu à peu mes diverses aventures. Pour cette fois je ne veux que vous en raconter quelques traits, ceux-là seulement qui seront indispensables pour vous faire comprendre la conclusion, c'est-à-dire mon retour, et la cause de ce retour. C'est une histoire qui sera le digne pendant de celle de ma fuite, et qui est tout-à-fait dans le même genre.

Lorsque je me sauvai d'ici d'une si vilaine façon, j'étais rempli d'un chagrin et d'une colère inexprimables : non pas contre vous, mais contre moi-même, contre ce pays, contre cette ville inutile, contre toute ma jeunesse. Je ne m'en suis expliqué la cause que plus tard. Lorsqu'à dîner par exemple je boudais et faisais le mécontent, c'est que j'étais rempli du sentiment cuisant que je ne méritais pas cette nourriture qu'on me donnait, parce que je ne faisais et n'apprenais rien, et que ne me sentais de goût pour rien, je ne voyais pour moi aucun espoir de jamais changer de vie. Car tout ce que je voyais faire aux autres me semblait ridicule et indigne de moi ; même vos éternels rouets m'étaient insupportables et me faisaient mal à la tête, quoiqu'ils me fissent vivre, moi paresseux. Je m'enfuis donc d'ici une nuit, le coeur plein d'amertume et de chagrin, et je courus jusqu'au matin.

J'avais bien marché sept lieues quand le soleil se leva, et je vis alors des gens qui faisaient les foins dans une grande prairie. Sans dire un mot, sans questionner personne, je posai mon paquet au bord de la route, je pris un râteau, et je me mis à travailler à côté des faneurs comme un possédé. Je me tirai très-bien d'affaire, car dans mes flâneries j'avais remarqué tous les métiers qui s'exerçaient autour de moi, et j'y avais réfléchi souvent, en me disant que tel et tel ne savaient guère tenir leurs outils, et qu'il fallait les manier d'une autre façon si on voulait se donner pour un ouvrier sérieux.

Les gens me regardèrent avec étonnement, mais personne ne s'opposa à mon travail, et lorsqu'on leur apporta à déjeûner, je fus aussi invité à prendre part à leur repas. C'était là ce que j'avais voulu. Je me remis ensuite à travailler jusqu'au dîner, que je partageai aussi avec eux de grand appétit. Mais les paysans furent bien plus étonnés encore de me voir, au lieu de reprendre mon râteau, m'essuyer cette fois tranquillement la bouche, ramasser mon paquet, et continuer ma route sans leur dire un mot. Ils se mirent à rire, assez déconcertés ; pour moi j'entrai dans un bosquet de hêtres, je me couchai sur la mousse, et je dormis jusqu'au coucher du soleil. À la nuit tombante je me réveillai, je sortis du bois, et je regardai le ciel où les étoiles commençaient à briller.

Les constellations étaient du petit nombre de choses que j'avais remarquées pendant ma vie oisive ; j'y trouvais un ordre et une ponctualité qui me plaisaient, et d'autant plus que ces brillantes créatures du firmament n'attendaient pas pour prix de cette ponctualité un salaire et une portion de soupe aux pommes-de-terre, mais semblaient n'avoir d'autre but que leur satisfaction personnelle. Comme la lecture incessante de mon livre de géographie, si simple qu'il fût, m'avait mis au fait de la distribution des pays sur le globe, je savais le chemin que j'avais à suivre, et je pris dans cet instant la résolution de marcher au nord et de traverser l'Allemagne, jusqu'à ce que j'atteignisse la mer. Je fis donc de nouveau pendant la nuit huit bonnes lieues, et au point du jour j'arrivai sur une plage solitaire et sauvage au bord du Rhin.

J'aperçus là justement devant moi un bateau chargé de sacs de blé

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