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Les Visiteurs von Jaloux, Edmond (eBook)

  • Erscheinungsdatum: 29.06.2015
  • Verlag: Booklassic
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Les Visiteurs

M de Salinis vit avec ses 3 filles, Anne-Marie, Ines et Henriette. Chacune a son caractere et la vie n'est pas toujours simple surtout lorsque ces memes filles sont toutes éprises de Gilbert, le mari d'Anne-Marie. Mais qui aime vraiment qui?...

Produktinformationen

    Format: ePUB
    Kopierschutz: none
    Seitenzahl: 79
    Erscheinungsdatum: 29.06.2015
    Sprache: Französisch
    ISBN: 9789635257249
    Verlag: Booklassic
    Größe: 462kBytes
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Les Visiteurs

I

- Où est Monsieur ?

Justinien, le valet de chambre, avait pris le sac à main de Mlle de Salinis et la valise que le chauffeur du taxi s'était obstiné à ne pas lui tendre. Il les avait déposés sous la marquise, sur une marche du perron. Le bruit des gouttes de pluie faisait de chaque feuille de platane un instrument de musique d'une sonorité différente.

- M. de Salinis est dans sa chambre. Je crois qu'il est souffrant.

Inès rougit légèrement.

- Non. Je veux parler de M. Chasteuil.

- M. Chasteuil est auprès de Madame.

Inès rougit de nouveau, comme si elle avait le sentiment d'une faute.

- L'état se maintient, dit Justinien, répondant à une question que la jeune fille n'avait pas posée. Le docteur Gombert ne peut pas se prononcer encore.

- Eh bien ! Justinien, payez le chauffeur. Je n'ai pas de monnaie.

- Pourquoi Mademoiselle n'a-t-elle prévenu personne de son retour ? Gaston serait allé à la gare avec la voiture.

- Je suis partie comme une folle, dès que j'ai reçu la dépêche de M. Gilbert. Je ne savais même pas à quelle heure je trouverais un train. Et puis, je ne voulais causer aucun dérangement. Dès qu'il y a un malade dans une maison...

Elle n'acheva pas sa phrase.

Le danger qui menaçait sa soeur lui causait un tel malaise que son esprit butait sur cette pensée comme sur un obstacle. Elle tira un récipissé de son sac et le donna à Justinien.

- Si Gaston n'a rien à faire, qu'il aille retirer ma malle à la gare. Mais ce n'est pas pressé, j'ai emporté l'essentiel avec moi.

Justinien s'inclina respectueusement pour s'emparer de la feuille administrative. C'était un domestique par vocation, qui, à soixante-huit ans, estimait encore que l'exécution d'un ordre donné est une faveur accordée par le destin ; ou plutôt, c'était un courtisan. Et il partageait les joies, les anxiétés et les intrigues des courtisans. À la fois prudent et astucieux, familier et contenu, il avait leur mélange d'arrogance, d'affectation, de tact et d'impersonnalité.

Inès entra dans le château. Le hall prenait déjà l'air abandonné des maisons où le chagrin et l'angoisse disposent des choses. Personne ; dans un coin, un énorme bouquet de chrysanthèmes vieux-rose qui achevait de se faner dans un vase de Chine à décor vert, posé à même le dallage.

On apercevait, par la porte entr'ouverte du grand salon, les arbres du parc, immobiles dans l'averse, et qui avaient sous le ciel froid la couleur des haillons et des ruines.

Inès s'arrêta au pied de l'escalier, épuisée par les émotions qui battaient son coeur. Elle ne savait ni ce qu'elle voulait, ni ce qu'elle cherchait ; tant de souffrances la harcelaient qu'elle ne savait plus où était sa vraie souffrance.

Comme elle arrivait sur le palier du premier étage, une porte s'ouvrit et sa soeur Henriette parut, mince, petite, le visage rond, avec des yeux clairs, qui semblaient étonnés de tout, et des cheveux châtains dont les boucles, naturellement ondulées, flattaient sa nuque.

- Et Anne-Marie ?

Henriette écarta les deux bras, comme si la fatalité même la forçait à les ouvrir ainsi.

- Mal. Très mal. Que faire ?

- Comment est Gilbert ?

Henriette leva la tête, regarda sa soeur avec colère et dit d'une voix soudain aiguë où perçait de l'irritation :

- Eh bien ! Comment veux-tu qu'il soit, sinon désespéré ?

- Et père ?

- Père ?

Elle ricana aigrement :

- Tu n'ignores pas sa façon de se comporter dans de pareilles circonstances. Il ne nous est d'aucun secours. Il n'est bon à rien, il tourne en rond, il pleure, il pose cent questions saugrenues, puis quand il n'en peut plus, il va se coucher sous l

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