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Louise von Prunell, Ariel (eBook)

  • Verlag: Books on Demand
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Louise

Au début de ce dixième tome, premier de la 3e Époque, Louis, encore sous le choc de sa rupture avec Flora, sa maîtresse, se retrouve dans le quartier de la Campagne à Paris, où il vient d'emménager sur un coup de tête. Face à son vide sentimental, et après une tentative avortée de séduction de l'amie d'un collègue muté sur sa demande en Tunisie, il finit par se tourner vers une nouvelle auxiliaire, la cinquantaine, juive, blonde sans beauté, veuve de guerre. Son assaut choque d'abord la dame, mais c'est elle qui, ensuite, se jette à son cou. Berthe et Louis, chaque samedi à la sortie du bureau, sacrifieront alors au rituel d'un repas dans un restaurant gastronomique, payé par elle, suivi d'une relation intime en plein air, sur les fortifications. Berthe saura se montrer reconnaissante, et un premier cadeau : une riche cravate, sera suivi d'autres, occasionnels. Un dimanche de farniente, animé par une pulsion soudaine, Louis se rend sur les Grands Boulevards. Là, il ose aborder deux jeunes promeneuses. De la brune et de la blonde, c'est la seconde qu'il convoite, mais c'est la brune qui l'accompagnera à l'Exposition coloniale - on est en 1931. Découvrant une Louise typée, fine et jolie, quoique peu instruite, il est bientôt conquis par sa nature ardente et passionnée, et ému aux larmes par son histoire personnelle difficile. S'ouvrira alors à Louis une nouvelle vie avec celle qui sera sa première compagne. Mais il ne renoncera pas à Berthe, nécessité matérielle oblige. Scientifique de formation, Ariel Prunell a été Directeur de recherche et responsable de laboratoire au CNRS. Il est l'auteur de nombreux articles de recherche pure dans des revues anglo-saxonnes de haut niveau, et a participé à des ouvrages collectifs. Au cours de sa carrière, sa curiosité scientifique est cependant toujours allée de pair avec sa passion pour la littérature et pour l'écriture. Passion à laquelle il se consacre pleinement depuis 2008, année de sa retraite.

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Louise

CHAPITRE 2

Les fêtes avaient passé. Noël, le jour de l'An, il y avait eu de la lumière fort tard aux fenêtres des maisons, et Louis, marchant dans la rue, leur jetait des regards amers. Ces jours de liesse traditionnelle n'avaient aucun sens quand on était seul et très loin des siens. Certains restaurants organisaient des réveillons, mais ils étaient trop chers, ce n'était pas à la portée de sa bourse. Et pourquoi n'avait-il pas d'amis comme les autres, avec qui il eût pu, vaille que vaille, festoyer et rire dans ces occasions rituelles ? Lui qui en avait tant, et de si bons, au temps de son adolescence ! Il s'interrogeait. C'était son besoin de femmes, elles seules s'étaient, de bonne heure, mises à compter pour lui, au point d'oblitérer tout le reste. Il ne fréquentait personne, il n'était présenté à personne. Il n'allait jamais au café, jamais au bal. Ses collègues féminins : la Rouvet, la Sporta, la Calut, Mlle Rogel, Mlle Vieille ? Ce n'étaient pas des femmes, c'étaient des compagnes de chaîne. Les collègues ? Ils se détestaient sourdement entre eux.

Pour la Noël, Germaine avait envoyé un colis : un poulet rôti et une boîte de pâté de foie gras. Louis s'était gavé, en solitaire. Il avait une famille là-bas, et il en était privé. Un jour Germaine et Joseph disparaîtraient, et il n'aurait pas profité de leur existence.

L'ennui, aussi, l'assaillait. Deux années durant, la passion lui avait masqué le vide des dimanches et des jours fériés. Et maintenant... Comment introduire dans ce train-train de petit employé quelque chose de grand ? La littérature ? Elle exigeait des expériences, des sentiments profonds, des contacts variés, des voyages... et du temps ! Le soir, recru de chiffres, il n'était plus bon à penser.

Au temps où il aimait Flora jusqu'au désespoir, il avait eu des élans, il s'était mille fois senti vibrer de façon intense, et la souffrance aussi était quelque chose de grand. Il comprenait, à présent, que toute celle-ci était née d'une absence d'harmonie dans cette liaison mal assortie. Si Flora avait été une petite jeune fille ce n'aurait été qu'une amourette sans durée, sans paroxysmes et sans problèmes.

Il était revenu, une fois encore, rue Ramus, espérant toujours une réponse du Receveur de Tahiti. Il était entré dans le salon et avant qu'il eût appelé, il avait entendu un bruit de galopade sur le plancher de la chambre, un pas lourd comme celui d'une personne obèse. C'était elle, et avant qu'elle eût paru, il avait deviné qu'elle sentait que c'était lui. Elle apportait une lettre au timbre exotique : Tahiti. Il l'avait regardée sans sourire. Elle était oppressée. Ils s'étaient dits quelques mots, et il était reparti, assombri par une tristesse pesante qu'il s'expliquait mal. Il avait vécu là, il y avait souffert, cela lui paraissait irréel.

L'émoi de son ancienne maîtresse à l'idée qu'il allait peut-être partir là-bas annonçait-il un réveil de sentiments mal éteints ? Seule une chose importait désormais pour lui : ne pas risquer un recommencement de son interminable épreuve !

Il ouvrit fébrilement l'enveloppe.

Le Receveur de Papeete écrivait qu'à son grand regret il n'y avait pas de poste disponible dans l'île.

Adieu la Polynésie, les grandes choses ne voulaient pas venir à lui. Il ne lui restait plus qu'à faire semblant de s'intéresser aux petites.

Au bureau, la frénésie motocycliste de Cassignano tournait au ridicule. " Je sais pas comment il fait pour tenir en selle avec sa patte folle ! Un de ces jours il va se casser la gueule ! " répétait Pornic. Car on avait vu l'engin. Leur sous-chef avait abandonné le train et l'autobus et ne venait plus de banlieue que sur sa machine. Maigre et gringalet, juché sur elle, il la maniait avec une aisance étonnante. Un enthousiasme fanatique tenait lieu de tout, Louis le savait bien. Cas

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