text.skipToContent text.skipToNavigation

Madame Obernin von Malot, Hector (eBook)

  • Erscheinungsdatum: 01.12.2015
  • Verlag: Ligaran
eBook (ePUB)
5,99 €
inkl. gesetzl. MwSt.
Sofort per Download lieferbar

Online verfügbar

Madame Obernin

Extrait : 'C'en est fait, je n'irai pas à Paris ! Il faut renoncer à tous nos beaux projets, à tous nos rêves. Les châteaux en Espagne que, pendant nos deux années de rhétorique et de philosophie, nous avons bâtis,en nous promenant dans la cour du collège de Nancy, se sont écroulés comme des châteaux de cartes. Dans trois jours, je quitte Neufchâteau pour Strasbourg ; c'est là que je ferai mon droit...' À PROPOS DES ÉDITIONS LIGARAN : Les éditions LIGARAN proposent des versions numériques de grands classiques de la littérature ainsi que des livres rares, dans les domaines suivants : - Fiction : roman, poésie, théâtre, jeunesse, policier, libertin. - Non fiction : histoire, essais, biographies, pratiques.

Produktinformationen

    Format: ePUB
    Kopierschutz: AdobeDRM
    Seitenzahl: 384
    Erscheinungsdatum: 01.12.2015
    Sprache: Französisch
    ISBN: 9782335121780
    Verlag: Ligaran
    Größe: 318kBytes
Weiterlesen weniger lesen

Madame Obernin

II
Je ne suis à Strasbourg que depuis un mois, et il me semble que je suis resté enfermé au moins dix ans dans une prison. Pas gaie, la capitale de l'Alsace, au moins pour moi.

La morale que mon beau-frère avait jugé à propos de me faire sur madame Charles Hummel avait éveillé ma curiosité. J'avais une certaine envie de voir cette femme, ni jeune ni vieille, qui devait me servir de mentor.

Je l'ai vue... Je n'en serai jamais amoureux.

À ma première visite, elle m'a produit une impression assez vive. C'était le soir de notre arrivée. Après avoir fait notre toilette à l'hôtel, nous nous sommes rendus chez elle où nous étions attendus pour dîner. Elle était seule dans son salon, un grand salon en velours rouge très confortable, avec des tableaux aux murs et un encombrement de dressoirs, d'étagères et de meubles sans nom pour moi, tous garnis de curiosités, de potiches et de bibelots. Pendant que mon beau-frère causait avec elle, j'ai pu l'examiner à mon aise, et cet examen n'a eu rien de désagréable, au contraire. Si elle approche de la trentaine, cela m'importe peu, et je ne comprends pas les hommes qui font les difficiles en disant : " elle a trente ans " ; pour moi, quarante ans, trente ans, vingt ans, c'est exactement, la même chose quand la femme est belle ou jolie, et madame Charles est jolie. Elle est blonde, d'un blond pâle comme le lin soyeux et frisant, grassouillette avec des fossettes au menton, des fossettes aux joues, des fossettes sur les doigts ; avec cela, de belles épaules rondes et un corsage bombé qui tremble lorsqu'elle rit. Elle rit très souvent, en laissant voir de petites dents blanches entre de grosses lèvres roses : cela aussi est gracieux.

Placé à côté d'elle à table, j'étais très ému lorsque ma main frôlait ses doigts sous l'assiette qu'elle me passait ; et quand mon genou rencontrait sa robe de soie qui criait, un frisson me parcourait le corps. Il se dégageait d'elle, de sa chevelure et de sa chair, un parfum inconnu, indéfinissable, qui me faisait battre les artères.

Mon beau-frère quitta Strasbourg quatre jours après ce dîner, par la diligence qui part à deux heures. À quatre heures, j'étais chez madame Charles pour lui faire ma visite. Depuis deux nuits je ne rêvais que fossettes, fossettes sur les mains, fossettes partout.

Je croyais qu'on allait me recevoir dans le grand salon rouge : je ne savais pas ce que je dirais, mais j'étais en disposition de dire une infinité de choses intéressantes. Au lieu de me faire monter l'escalier à rampe de fer, on m'ouvrit une porte du rez-de-chaussée qui donne dans les bureaux.

Je fus abasourdi quand je me trouvai au milieu d'une vaste pièce partagée en une dizaine de compartiments, dans chacun desquels travaillaient nez à nez deux commis. Un garçon m'ayant demandé ce que je voulais, je répondis :

- Madame Hummel, s'il vous plaît.

- Au fond de la salle, à gauche.

Au fond de la salle, à gauche, s'élevait une sorte de cage dont le grillage était garni de rideaux verts ; c'était là que se trouvait ma divinité. En face était une autre cage exactement pareille, sur la porte de laquelle on lisait : Caisse .

- Ah ! c'est vous, monsieur d'Autrey ! dit madame Charles en m'apercevant ; entrez donc.

Elle me montra une chaise en cuir jaune qui occupait un des coins de sa cage.

J'entrai et m'assis : ce n'était pas à cela que je m'attendais.

Sans plus faire attention à moi que si je n'étais pas là, elle continua la lecture du papier qu'elle tenait entre ses mains, un papier timbré au haut duquel était écrit : " Compte de retour . " Devant elle, un commis attendait dans une attitude respectueuse.

- Monsieur Schnegans, dit-elle en le regardant, vous avez oublié dans votre compte de retour le change à un e

Weiterlesen weniger lesen

Kundenbewertungen

    ALDI life eBooks: Die perfekte App zum Lesen von eBooks.

    Hier finden Sie alle Ihre eBooks und viele praktische Lesefunktionen.