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Nouvelles Avec le canot de l'amiral von Mouton, Eugène (eBook)

  • Erscheinungsdatum: 11.05.2016
  • Verlag: Ligaran
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Nouvelles

Extrait : ' A l'époque où l'escadre de l'amiral Le Prédour était devant Buenos-Aires pour régler la fameuse affaire de la Plata, je me trouvais moi-même dans cette ville, et j'y avais rencontré un de mes amis d'enfance, lieutenant de vaisseau à bord de la frégate la Junon, portant pavillon amiral et mouillée à deux lieues au large de Buenos-Aires.' À PROPOS DES ÉDITIONS LIGARAN : Les éditions LIGARAN proposent des versions numériques de grands classiques de la littérature ainsi que des livres rares, dans les domaines suivants : - Fiction : roman, poésie, théâtre, jeunesse, policier, libertin. - Non fiction : histoire, essais, biographies, pratiques.

Produktinformationen

    Format: ePUB
    Kopierschutz: AdobeDRM
    Seitenzahl: 335
    Erscheinungsdatum: 11.05.2016
    Sprache: Französisch
    ISBN: 9782335163100
    Verlag: Ligaran
    Größe: 2740kBytes
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Nouvelles

Le canot de l'amiral
Perfide comme l'onde !

À l'époque où l'escadre de l'amiral Le Prédour était devant Buénos-Ayres pour régler la fameuse affaire de la Plata, je me trouvais moi-même dans cette ville, et j'y avais rencontré un de mes amis d'enfance, lieutenant de vaisseau à bord de la frégate la Junon , portant pavillon amiral et mouillée à deux lieues au large de Buénos-Ayres.

Mon ami m'avait invité plusieurs fois à dîner avec lui à son bord, et diverses circonstances m'avaient jusque-là empêché d'accepter, lorsqu'un jour, c'était le 23 septembre 1851, il m'en souviendra toute ma vie, m'ayant rencontré vers une heure, il renouvela son invitation : je ne demandais pas mieux, et il fut convenu qu'à trois heures nous nous retrouverions à l'embarcadère.

Je rentrai chez moi pour prendre une valise où je mis des effets de rechange, du linge de nuit et des ustensiles de toilette : je devais coucher à bord. Je pris de plus un paletot pour me garantir du froid et un manteau imperméable pour m'abriter de la pluie.

Ainsi équipé, et après avoir mis à ma tenue tout le soin et toute la correction possibles, je consultai ma montre et je vis qu'il n'était encore que deux heures, ce qui m'impatienta comme un enfant.

Cette visite à bord d'un bâtiment de guerre était pour moi plus qu'un plaisir. Dès mon enfance, comme tant de gens qui n'ont vu la mer que dans les romans ou dans les tableaux, je m'étais passionné pour la vie maritime ; et sans la sévérité trois fois bénie des examinateurs qui me refusèrent l'entrée de l'École navale, je me serais lancé avec enthousiasme dans une carrière où, sans aucun doute, j'aurais trouvé plus d'une désillusion.

Ma traversée du Havre à Buénos-Ayres, sur un navire chargé de mules, avec quelques émigrants allemands pour toute compagnie, n'avait pas suffi pour me désenchanter. Toutes les déceptions auxquelles je m'étais heurté vingt fois le jour pendant deux mois de cette vie monotone, je les avais mises sur le compte du commerce en général, qui, me disais-je, vulgarise tout, et de notre capitaine en particulier, honnête homme, bon marin, mais qui en dehors de ces qualités n'en avait pas d'autres.

J'allais pour la première fois de ma vie mettre le pied sur un vaisseau de guerre : là je verrais, dans toute sa majesté, dans toute sa formidable poésie, cette vie maritime dont je ne connaissais que le rêve ; enfin et surtout j'allais voir de près, à leur bord, c'est-à-dire sur leur domaine et dans tout l'appareil de leur puissance, ces officiers de marine dont la dignité et la distinction suprême m'avaient toujours si vivement frappé.

Aussi avouerai-je qu'au moment de faire mon début dans ce monde à part dont les hommes m'apparaissaient revêtus d'un grand prestige, je m'inquiétais fort de ce que je pourrais dire et faire pour ne pas me montrer trop au-dessous d'eux. Même comme petite faiblesse d'amour-propre, c'eût été bien pardonnable, mais en âme et conscience je crois qu'il n'y avait là de ma part que ce rehaussement de dignité qu'on éprouve devant les personnes auxquelles on serait fier de ressembler.

C'est ainsi que le cours de mes idées, parti de cette circonstance bien vulgaire d'une invitation à dîner à bord d'un bâtiment de l'État, s'était grossi de mes souvenirs d'enfance, de mes enthousiasmes de jeunesse, de mes sentiments d'admiration pour les marins, de ma sollicitude pour mon propre personnage : ce dîner s'annonçait donc comme devant prendre dans ma vie les proportions d'un véritable évènement.

Et c'est ce qui arriva, mais autrement que je ne pensais.

Quoi qu'il en soit, toutes mes facultés, et particulièrement l'attention et la mémoire, s'étaient élevées à une intensité de puissance que je n'ai plus jamais retrouvée dans aucune autre circonstance de ma vie : c'est à cette disposition d'esprit que je crois

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