text.skipToContent text.skipToNavigation
background-image

Typhon von Conrad, Joseph (eBook)

  • Erscheinungsdatum: 29.06.2015
  • Verlag: Booklassic
eBook (ePUB)
0,99 €
inkl. gesetzl. MwSt.
Sofort per Download lieferbar

Online verfügbar

Typhon

Commandant le Nan-shan, le capitaine Mac Whirr est un homme taciturne. Voguer sur la mer de Chine pendant la saison des typhons ne l'inquiete pas vraiment. Quand, pendant la traversée, il voit l'aiguille du barometre chuter comme il ne l'a jamais vue auparavant, sa premiere réflexion est qu'un sale temps se prépare. La mer grossit et déja le navire embarque de l'eau. Sur le pont inférieur, deux cents coolies chinois voyagent dans des conditions effroyables. Quand son second lui suggere de changer de cap pour éviter le gros temps, il refuse, un détour impliquant des frais supplémentaires pour l'armateur. Mac Whirr est-il completement inconscient?...

Produktinformationen

    Format: ePUB
    Kopierschutz: none
    Seitenzahl: 56
    Erscheinungsdatum: 29.06.2015
    Sprache: Französisch
    ISBN: 9789635259519
    Verlag: Booklassic
    Größe: 401 kBytes
Weiterlesen weniger lesen

Typhon

Chapitre 2


En observant la baisse persistante du baromètre, le capitaine Mac Whirr pensa donc : " Il doit faire quelque part un sale temps peu ordinaire. " Oui, c'est exactement ce qu'il pensa. Il avait l'expérience des sales temps moyens - le terme sale appliqué au temps n'impliquant qu'un malaise modéré pour le marin.

Une autorité incontestable lui eût-elle annoncé que la fin du monde sera due à un trouble catastrophique de l'atmosphère, il aurait assimilé cette information à la simple idée de " sale temps " et pas à une autre, parce qu'il n'avait aucune expérience des cataclysmes, et que la foi n'implique pas nécessairement la compréhension.

La sagesse de son pays avait décrété, au moyen d'un acte de Parlement, qu'avant d'être jugé digne d'assumer la charge d'un navire on devait avoir été reconnu capable de répondre à quelques simples questions au sujet des orages circulaires tels qu'ouragans, cyclones et typhons ; il faut croire que Mac Whirr avait répondu passablement puisqu'il commandait maintenant le Nan-Shan dans les mers de Chine pendant la saison des typhons. Mais il y avait longtemps de cela et Mac Whirr ne se rappelait plus rien de tout cela aujourd'hui.

Il était cependant conscient du malaise que lui causait cette chaleur moite. Il sortit sur la passerelle mais n'y trouva aucun soulagement à sa gêne. L'air semblait épais. Mac Whirr haletait comme un poisson hors de l'eau, et finit par se croire sérieusement indisposé. La surface circulaire de la mer avait le lustre ondoyant d'une étoffe de soie grise au travers de laquelle le Nan-Shan traçait un sillon fugitif. Le soleil, pâle et sans rayons, répandait une chaleur de plomb dans une lumière bizarrement diffuse. Les Chinois s'étaient couchés tout de leur long sur le pont. Leurs visages jaunes, pincés et anémiques, ressemblaient à des figures de bilieux. Deux d'entre eux furent spécialement remarqués par le capitaine Mac Whirr ; étendus sur le dos en dessous de la passerelle, ils semblaient morts dès qu'ils avaient les yeux fermés. Trois autres, par contre, se querellaient âprement, là-bas, à l'avant ; un grand individu, à demi nu, aux épaules herculéennes, était indolemment penché sur un treuil tandis qu'un autre, assis par terre, les genoux relevés et la tête penchée de côté dans une attitude de petite fille, tressait sa natte ; les mouvements de ses doigts étaient lents et toute sa personne respirait une extraordinaire langueur. La fumée luttait péniblement pour sortir de la cheminée, et, au lieu de flotter au loin, elle s'étendait comme un nuage d'enfer qui empestait le soufre et faisait pleuvoir de la suie sur les ponts.

" Que diable faites-vous là, monsieur Jukes ? " demanda le capitaine Mac Whirr.

Bien que marmottée plutôt que prononcée, cette apostrophe insolite fit sursauter M. Jukes comme un coup de stylet sous la cinquième côte. Une glène de filin à ses pieds, un morceau de toile sur les genoux, il poussait vigoureusement son carrelet, installé sur un tabouret bas qu'il s'était fait monter sur la passerelle. Il leva les yeux et la surprise donna à son regard une expression de candeur et d'innocence.

" Je ralingue quelques sacs de ce nouveau lot dont nous nous sommes servis pour le charbonnage, riposta-t-il sans aigreur. Nous en aurons besoin la prochaine fois que nous ferons du charbon, capitaine.

- Que sont donc devenus les anciens sacs ?

- Mais ils sont usés, capitaine. "

Le capitaine Mac Whirr considéra son second d'un air d'abord irrésolu, puis finit par déclarer sa cynique et sombre conviction que plus de la moitié de ces sacs avait dû passer par-dessus bord. " Si l'on pouvait seulement savoir la vérité ! " disait-il. Puis il se retira à l'autre extrémité de la passerelle.

Weiterlesen weniger lesen

Kundenbewertungen