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Impressions de voyage en Suisse (tome 2) von Dumas, Alexandre, d. Ält. (eBook)

  • Erscheinungsdatum: 29.06.2015
  • Verlag: Booklassic
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Impressions de voyage en Suisse (tome 2)

Dumas quitte Paris en juillet 1832 pour aller, a pied, en barque et en carriole, effectuer un voyage en Suisse. Il en rapporte un récit ou l'on suit son périple pas a pas, au fil des pages.

Produktinformationen

    Format: ePUB
    Kopierschutz: none
    Seitenzahl: 246
    Erscheinungsdatum: 29.06.2015
    Sprache: Französisch
    ISBN: 9789635268146
    Verlag: Booklassic
    Größe: 665kBytes
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Impressions de voyage en Suisse (tome 2)

Chapitre 2 Histoire d'un âne, d'un homme, d'un chien et d'une femme

Le lendemain, je fus réveillé à la pointe du jour par le cocher, qui mettait les chevaux à la voiture ; comme nous ne faisions pas même route, je me hâtai de sauter à bas de mon lit, et je trouvai Francesco, qui avait dormi de son côté dans le grenier à foin, tout prêt à me suivre. Notre barque, retenue dès la veille, nous attendait avec les deux rameurs et son pilote ; nous y montâmes aussitôt et nous commençâmes à notre tour notre navigation. Une heure après notre départ de Flüelen, nous mettions pied à terre sur la pierre de Guillaume Tell. Au dire de nos mariniers, c'était sur ce rocher même que le vaillant archer s'était élancé, profitant de la liberté qui lui avait été rendue par Gessler, au milieu de la tempête.

À un quart de lieue de la chapelle de Tellsplatte, sur la même rive et derrière le village de Sisikon, s'ouvre une vallée qui, à trois lieues de là, ferme le Rossstock ; la cime escarpée de ce pic servit de route aux vingt-cinq mille Russes commandés par Souvorov qui descendirent, le 28 octobre 1799, au village de la Muota. C'est alors qu'on vit des armées tout entières passer là où les chasseurs de chamois ôtaient leurs souliers, marchaient pieds nus, et s'aidaient de leurs mains pour ne pas tomber. C'est là que trois peuples venus de trois points différents se donnèrent rendez-vous au-dessus de la demeure des aigles, comme pour rendre de plus près Dieu juge de la justice de leur cause. Alors, il y eut un instant où toutes ces montagnes glacées s'allumèrent comme des volcans, où les cascades descendirent sanglantes dans la plaine, et où roulèrent jusque dans la vallée des avalanches humaines, si bien que la mort fit une telle moisson, là où jusqu'alors la vie n'était pas parvenue, que les vautours, pour qui elle avait fauché, devenus dédaigneux par abondance, ne prenaient plus que les yeux des cadavres pour les porter à leurs petits.

Je voulais m'arrêter là et visiter cette vallée du Piémont et d'Ossola, où Masséna et Souvorov avaient lutté comme deux Titans ; mais mes mariniers me dirent que j'aurais plus beau et plus court chemin en remontant la Muota, que je devais rencontrer à Ibach, entre Ingenbohl et Schwyz. Je continuai donc ma route vers le Grütli ; nous marchions sur une terre si féconde qu'on ne perd de vue un grand souvenir que pour en découvrir aussitôt un autre.

Nous abordâmes au Grütli ; nous gravîmes une petite colonne en pente assez douce, et nous arrivâmes sur un plateau formant une charmante prairie : c'est là que, pendant la nuit du 17 novembre de l'année 1307, Werner Stauffacher, du canton de Schwyz, Walter Fürst, du canton d'Uri, et Arnold de Melchtal, du canton d'Unterwald, accompagnés chacun de dix hommes, firent, comme nous l'avons dit, le serment de délivrer leur pays, demandant au Seigneur, si ce serment lui était agréable, de le leur faire connaître par quelque signe visible : au même instant, trois sources jaillirent aux pieds des trois conjurés.

Ce sont ces trois sources qu'on va visiter, qui coulent depuis cinq siècles passés, et qui tariront, au dire des vieux prophètes des montagnes, le jour où la Suisse cessera d'être libre. La première, en commençant à gauche, est celle de Walter Fürst ; la seconde, celle de Werner Stauffacher ; la troisième, celle de Melchtal.

Je fis servir, sous le hangar même qui enferme les sources, et qui fut bâti, me dit le cicérone de ce petit coin de terre, grâce à la munificence du roi de Prusse, mon déjeuner et celui de mes matelots ; je remarquai, comme un fait à l'honneur de leur patriotis

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