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Jeux et joueurs d'autrefois Essai historique von Marquiset, Alfred (eBook)

  • Erscheinungsdatum: 12.03.2015
  • Verlag: Ligaran
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Jeux et joueurs d'autrefois

Extrait : 'On a toujours joué, on jouera toujours. Il faudrait maints in-octavo pour raconter l'histoire du jeu à travers les siècles. Depuis les soldats de Pilate qui tiraient aux dés les vêtements de Jésus-Christ, depuis Duguesclin qui perdait en prison la totalité de son bien, depuis Bassompierre qui sous Henri IV gagnait cinq cent mille livres d'un coup de cartes, depuis Mazarin, depuis Louis XV, la secte des joueurs a encore aujourd'hui le même nombre d'adeptes, ...'À PROPOS DES ÉDITIONS LIGARANLes éditions LIGARAN proposent des versions numériques de qualité de grands livres de la littérature classique mais également des livres rares en partenariat avec la BNF. Beaucoup de soins sont apportés à ces versions ebook pour éviter les fautes que l'on trouve trop souvent dans des versions numériques de ces textes. LIGARAN propose des grands classiques dans les domaines suivants : - Livres rares- Livres libertins- Livres d'Histoire- Poésies- Première guerre mondiale- Jeunesse- Policier

Produktinformationen

    Format: ePUB
    Kopierschutz: AdobeDRM
    Seitenzahl: 213
    Erscheinungsdatum: 12.03.2015
    Sprache: Französisch
    ISBN: 9782335049824
    Verlag: Ligaran
    Größe: 1212kBytes
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Jeux et joueurs d'autrefois

Chapitre premier
Types de joueurs. - La fatale passion. - Le jeu sous Louis XVI.- La révolution. - Protestation de Bailly. - Discours de l'abbé Mulot. - Tenanciers et tenancières. - Cartes civiques. - Tolérance de la police. - Amendes et peines. - Les députés dans les tripots. - Avertissements poétiques.

On a toujours joué, on jouera toujours. Il faudrait maints in-octavo pour raconter l'histoire du jeu à travers les siècles. Depuis les soldats de Pilate qui tiraient aux dés les vêtements de Jésus-Christ, depuis Duguesclin qui perdait en prison la totalité de son bien, depuis Bassompierre qui sous Henri IV gagnait cinq cent mille livres d'un coup de cartes, depuis Mazarin, depuis Louis XV, la secte des joueurs a encore aujourd'hui le même-nombre d'adeptes, et les adeptes de cette secte immortelle sont aussi fervents, aussi bizarres, aussi fous que leurs aïeux. C'est celui qui assiste à une chasse superbe et grogne vers trois heures, après avoir tué deux cent cinquante pièces : " Ne va-t-on pas bientôt rentrer ? Voilà le moment d'une petite partie ! " C'est celui qui accompagne son épouse au bal, s'attable avec trois partenaires et ne s'aperçoit pas à cinq heures du matin que tous les invités ont disparu, y compris sa femme. C'est celui qui prend le bateau afin de voir le lac de Côme, commence dans le salon un baccarat en compagnie de quelques italiens, probablement aussi de quelques grecs, et répond lorsqu'on l'appelle pour admirer le paysage : " La main passe vite, le site reste ! " C'est celui auquel on annonce que son père vient d'avoir une attaque. " J'y vais ! " s'écrie-t-il, et il arrive sept Heures plus tard pour trouver deux religieuses en prières à côté d'un cadavre. Et ces excentriques, ces malades ont une légère excuse, ils parlent, ce qui pour eux représente une perte de temps. Devant le tapis vert chaque minute est précieuse, chaque seconde leur apporte une sensation aiguë, plaisir ou douleur. Qu'importe le monde extérieur ? Il se condense ainsi. L'art : la façon de jouer. La science : le talent de gagner. La politique : une bille qui tourne. La famille : l'ensemble des pontes. La patrie : le tripot. Ils sont là l'oeil brillant, la tête vide, les mains tremblantes, n'ayant plus qu'un valet de carreau ou un as de trèfle à la place du coeur. On croit que le gain est le seul but vers lequel convergent leurs sens tendus comme des ressorts ; erreur ! Les joueurs jouent pour jouer, pour manier des cartes, palper de l'or, entendre le froissement des billets, sentir autour d'eux la fièvre de la foule anxieuse, respirer avec délices l'air méphitique du claque-dents. Ils jouent pour éprouver ces émotions ardentes qui les font passer en quelques instants de la joie au désespoir, ils jouent insouciants de la faim, du sommeil, de la vie, de la pensée, ils jouent comme des hystériques concentrés dans la réussite d'une martingale ou d'une combinaison. Infatigables, persévérants, sobres ; patients, ceux qui mettraient tant d'énergie au profit d'une affection honnête deviendraient assurément des hommes extraordinaires. Rien, hélas ! ne les arrache à cette passion qu'on devrait classer parmi les péchés capitaux, car ne pouvant être rassasiée, elle demeure sans limite et sans fin.

Est-il nécessaire de dire que les moralistes ont de tout temps censuré le jeu et que leurs efforts sont demeurés stériles ? Le docteur flamand Paschasius Justus écrivit au XVIe siècle une dissertation latine pour vaincre le terrible mal dont il ne se guérit pas lui-même malgré les exemples sensationnels semés dans son oeuvre. Il cite un vénitien qui joua sa femme et un autre citoyen qui voulant continuer, en quelque façon, à jouer après sa mort, ordonna par testament que de sa peau on couvrirait une table, un damier et un cornet, et que de ses os on ferait d

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