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Psychopathologie de la vie quotidienne von Freud, Sigmund (eBook)

  • Erscheinungsdatum: 07.07.2015
  • Verlag: Booklassic
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Psychopathologie de la vie quotidienne

Psychopathologie de la vie quotidienne was written in the year 1901 by Sigmund Freud. This book is one of the most popular novels of Sigmund Freud, and has been translated into several other languages around the world.

Produktinformationen

    Format: ePUB
    Kopierschutz: none
    Seitenzahl: 182
    Erscheinungsdatum: 07.07.2015
    Sprache: Französisch
    ISBN: 9789635256518
    Verlag: Booklassic
    Größe: 585kBytes
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Psychopathologie de la vie quotidienne

2. Oubli de mots appartenant à des langues étrangères

Le vocabulaire usuel de notre langue maternelle semble, dans les limites du fonctionnement normal de nos facultés, préservé contre l'oubli. Il en est, on le sait, autrement des mots appartenant à des langues étrangères. Dans ce dernier cas, la disposition à l'oubli existe pour toutes les parties du discours, et nous avons un premier degré de perturbation fonctionnelle dans l'irrégularité avec laquelle nous manions une langue étrangère, selon notre état général et notre degré de fatigue. Dans certains cas, l'oubli de mots étrangers obéit au mécanisme que nous avons décrit à propos du cas Signorelli. Je citerai, à l'appui de cette affirmation, une seule analyse, mais pleine de détails précieux, relative à l'oubli d'un mot non substantif, faisant partie d'une citation latine. Qu'on me permette de relater ce petit accident en détail et d'une façon concrète.

L'été dernier, j'ai renouvelé, toujours au cours d'un voyage de vacances, la connaissance d'un jeune homme de formation universitaire et qui (je ne tardai pas à m'en apercevoir) était au courant de quelques-unes de mes publications psychologiques. Notre conversation, je ne sais trop comment, tomba sur la situation sociale à laquelle nous appartenions tous deux et lui, l'ambitieux, se répandit en plaintes sur l'état d'infériorité auquel était condamnée sa génération, privée de la possibilité de développer ses talents et de satisfaire ses besoins. Il termina sa diatribe passionnée par le célèbre vers de Virgile, dans lequel la malheureuse Didon s'en remet à la postérité du soin de la venger de l'outrage que lui a infligé Énée : Exoriare..., voulait-il dire, mais ne pouvant pas reconstituer la citation, il chercha à dissimuler une lacune évidente de sa mémoire, en intervertissant l'ordre des mots : Exoriar(e) ex nostris ossibus ultor ! Il me dit enfin, contrarié :

- Je vous en prie, ne prenez pas cette expression moqueuse, comme si vous trouviez plaisir à mon embarras. Venez-moi plutôt en aide. Il manque quelque chose à ce vers. Voulez-vous m'aider à le reconstituer ?

- Très volontiers, répondis-je, et je citai le vers complet :

Exoriar(e) aliquis nostris ex ossibus ultor !

- Que c'est stupide d'avoir oublié un mot pareil ! D'ailleurs, à vous entendre, on n'oublie rien sans raison. Aussi serais-je très curieux de savoir comment j'en suis venu à oublier ce pronom indéfini aliquis.

J'acceptai avec empressement ce défi, dans l'espoir d'enrichir ma collection d'un nouvel exemple. Je dis donc :

- Nous allons le voir. Je vous prie seulement de me faire part loyalement et sans critique de tout ce qui vous passera par la tête, lorsque vous dirigerez votre attention, sans aucune intention définie, sur le mot oublié [1] .

- Fort bien ! Voilà que me vient l'idée ridicule de décomposer le mot en a et liquis. - Qu'est-ce que cela signifie ? - Je n'en sais rien. - Quelles sont les autres idées qui vous viennent à ce propos ? - Reliques. Liquidation. Liquide. fluide. Cela vous dit-il quelque chose ? - Non, rien du tout. Mais continuez.

- Je pense, dit-il avec un sourire sarcastique, à Simon de Trente , dont j'ai, il y a deux ans, vu les reliques dans une église de Trente. Je pense aux accusations de meurtres rituels qui, en ce moment précisément, s'élèvent de nouveau contre les Juifs, et je pense aussi à l'ouvrage de Kleinpaul qui voit dans ces prétendues victimes des Juifs des incarnations, autant dire de nouvelles éditions, du Sauveur. - Cette dernière idée n'est pas tout à fait sans rapport avec le sujet dont nous nous entretenions, avant que vous ait échappé le mot latin. - C'est exact. Je pense ensuite à un article que j'ai lu récemment dans un journal italien. Je crois qu'il

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